Ma librairie de quartier (1)

23 Mar 2009

Depuis que j’ai une liseuse (CyBook de Bookeen), je fréquente assidûment un forum de discussion spécialisé autour des sujets de la lecture électronique.

Un des fils de discussion (en français) démarre sur la question à 100 euros : avenir de la (petite?) librairie de quartier…; ça m’a inspiré quelques réflexions (qui se prolongeront peut-être).
[Disclosure: je lis au moins 300 bouquins par an: beaucoup de ‘nonfiction’ (sciences humaines ou management), SF et polars; 90% de ce que je lis est en anglais]

I Quand on parle de librairie, on parle de plusieurs choses différentes:

  1. un magasin où je vais acheter parce que c’est là (seulement) que se trouve ce que je veux: pour un bouquin papier il ya maintenant la FNAC et Amazon , et d’autres… A la librairie je ne trouve pas d’e-books. Quand je me rends au magasin, je sais probablement ce que je veux.
  2. une sorte de bibliothèque où je vais voir: flâner, rechercher, compulser, discuter. Les libraires qui font leur boulot aident/ orientent les choix, donnent envie. Quand je vais “à la bibliothèque”, je ne sais pas nécessairement ce que je veux, je ne vais pas nécessairement acheter, mais je cherche plutôt un accès aux éléments de ma décison/ mon choix.

Les libraires ont un rôle essentiel de savoir, de connaissance de leur fonds, de l’actualité dans leur domaine, d’écoute du client… [cf. ce vendeur génial du rayon sciences humaines de la FNAC Montparnasse dans les années 80, qui vous trouvait le bouquin que vous recherchiez à partir de 3 mots-clés –erronés– et une vague hypothèse sur l’auteur…je le regrette beaucoup, ce type !]

II Quand on parle de livre, on parle de quoi?

  1. un « outil » (de lecture): je pars pour un voyage de 400 km en train…je veux découvrir/creuser tel savoir, telle technique…j’ai envie d’évasion, de me faire plaisir…
  2. un contenu, des informations: le texte, qui peut se réduire ultimement à des bits/digits sur un écran,
  3. un objet physique: généralement en papier, avec différents “niveaux” de qualité (livre de poche, Pleïade); que je peux offrir à quelqu’un; qui “s’oppose” à la liseuse (e-book reader) ;

III Quand je pense à mes lectures, je pense à quoi?

  1. à ma bibliothèque: très bien fournie en bouquins de toutes sortes (poches, brochès, reliés, Pléïade, livres anciens…) et de toutes matières (littératures, poésie, techniques diverses, sciences humaines, SF, polars…)
  2. à comment j’ai acquis mes goûts/ certains de mes bouquins: par ma famille, par héritage, à l’école, à la fac (Acheter Lévi-Strauss à l’occasion d’une UV d’ethno, il y a pire!),
  3. à ce que j’ai envie de transmettre à mes enfants: pas de plus grand bonheur pour moi des les voir tous les trois piocher dans ma bibliothèque sans rien me demander, ou bien demander conseil, et entendre “Ouah, Borgès, ça l’fait!” ou bien “K.Dick, c’est trop de la balle!”ou « Léo Malet c’est top! »…et me dire qu’un jour ils se partageront ces bouquins qui auront une nouvelle vie chez eux…
  4. à comment j’ai découvert les plus belles lectures que j’ai faites:
    –en piquant dans la bibliothèque de mes parents (j’ai été gardien de nuit, dans mon jeune âge; “A l’est d’Eden en deux nuits, “Docteur Faustus” en trois…);
    –par l’école et un prof de français plutôt malin;
    –par le bouquiniste de la rue du Commerce (tout Raymond Chandler en Série Noire à quelques balles; il me les reprenait à 50% du prix et j’en rachetais d’autres),
    –par des conseils de copains divers, en espionnant systématiquement la bibliothèque des gens chez qui je vais (les disques aussi!);
    –en picorant dans les livres que lisent mes proches (une belle soeur aux goûts très sûrs…); en lisant les critiques…

IV La librairie de quartier est (était?) une réponse –datée– à une question qui a changé!

  1. on a accès aux livres différemment : ça a commencé par la FNAC, il y a… longtemps (AH! la FNAC Sébastopol!) : et je suis client chez Amazon.com depuis 1996 ; Ma vie de lecteur a changé à ce moment là.
  2. on a accès au contenu du livre différemment (extraits, e-books); ça fait combien de temps que je n’ai pas été en bibliothèque? 30 ans?
  3. le statut de la lecture a sans doute changé (ça serait trop long…)

V La question devient:

  1. comment ai-je accès à ce que je veux lire? Mais d’abord:
  2. pourquoi je lis ce que je lis? Comment j’en viens à (vouloir) accéder à tel livre, précisément?
  3. et qu’est-ce qui fait que je décide d’acheter; et –maintenant– sous quelle forme : papier ou e-book ?

VI Et maintenant je reviens à la question de départ (désolé si j’ai été ‘un peu’ long ;-) ) :

  1. que peut ma librairie de quartier pour moi ?
  2. ou bien : quel intérêt (en plus de l’intérêt de principe, militant) aurais-je à avoir recours à ses services ?
  3. question créative : à quoi d’autre (de nouveau) pourraient servir les caractéristiques actuelles d’une (petite?) librairie de quartier? (à suivre) (peut-être).
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