Pourquoi Hopper ?

29 Déc 2005

Un instant Hopper est pour moi lié à une sensation d’engourdissement, une envie de vie végétative…un moment de la vie réelle qui me projette dans les impressions que me donnent les tableaux de Hopper.

Il y a dans les tableaux de Hopper des gens fatigués qui se reposent –comme le clown qui fume une cigarette—des gens le regard perdu, les yeux dans le vague, qui regardent au loin, par la fenêtre ; souvent assis ailleurs que sur des chaises (une balustrade, un trottoir, un lit) ; des gens absents, qui rêvassent ; des gens qui sont absents aux autres.

Il y a aussi des lumières d’après-midi, j’y sens une tiédeur, quelque chose du cocon, et des moment suspendus –les personnages sont presque toujours immobiles—ce sont comme des fragments d’éternité, comme si la décrépitude pouvait s’arrêter.

Je retrouve la lumière immobile des fins d’après midi, dans la vallée du Loir, quand les ombres des haies de peupliers sont immenses, et qu’on perçoit ce court moment d’arrêt avant le crépuscule, ce temps immobile lui aussi ; et qu’on se dit que si on pouvait rester là, comme ça, peut-être on accèderait à l’éternité.

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