Qu’est-ce qu’un « instant Hopper »

28 Déc 2005

Un moment de magie dans un café de la rue des Ecoles (Paris, France).
Du bar où je prends mon sandwich, j’aperçois dans la cuisine une image tout droit sortie d’un tableau (inconnu) d’Edward Hopper :
dans la lumière très crue, verticale, jaune, à gauche, appuyé contre un meuble en métal, un homme en tablier bleu bavarde avec une femme –au centre– elle aussi en tablier bleu, mais dont je ne vois qu’une partie : un meuble en surplomb coupe son visage horizontalement, et je ne la vois que depuis les cernes des yeux jusqu’aux pieds; une femme mince, en pantalon quelconque, les bras croisés; plus à droite, le meuble qui sépare le bar de la cuisine, le percolateur et le bar lui-même.
Le bar est calme, presque vide ; cette semaine entre Noël et le jour de l’an… et il est tôt pour déjeuner.
L’homme est mince, brun, il parle de façon animée, avec des mimiques et de gestes de la main (pas très Hopper, ça…).
Je me demande un instant si une photo rendrait l’impression que j’ai. Comme si j’avais par inadvertance pénétré dans un coin de « Nighthawks ».
Cette impression de solitude, de silence, la lumière immobile chez Hopper, même la lumière oblique du soleil. Peut-être que Hopper voulait réaliser ça : créer des instants d’éternité?

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